Pitch ; Les destins croisés de couples qui se séparent ou se retrouvent, de célibataires qui se rencontrent à Los Angeles, le jour de Saint-Valentin...
Avis : Parce qu'il est parfois bon de céder à la pression du commercial et du marketing et qu'il arrive d'y trouver de bonnes surprises, nous avons craqué. Aussi superficiel que franchement drôle et touchant, Valentine's Day ne nous trompe pas sur la marchandise et joue la carte de la fraîcheur tonique. Une très bonne surprise qui évite les pièges de la guimauve pour mieux rebondir et frapper là où on ne l'attend pas. Du réglisse gargantuesque qui malgré quelques excès de générosité passe avec une bonne humeur contagieuse...
On pouvait tout redouter de ce rendez-vous marketing conditionné pour cartonner au box-office : overdose de bons sentiments, déclarations romanesques mielleuses, personnages inexistants, clichés redondants et j'en passe. La surprise n'en n'est au final que plus décuplée : le film est un bonheur complet aussi désuet, futile et déjà-vu que sérieusement jubilatoire. Il n'est pas honteux d'y vibrer alors loui, on a craqué et fuck !
Calqué sur le principe de Love Actually à savoir brasser une multitudes de personnages qui s'entrecroisent de près comme de loin au gré de situations allant du comique au dramatique, Valentine's Day carbure au super même s'il ne surpasse pas le film de Richard Curtis à défaut de l'égaler.
Valentine's Day doit être pris comme ce qu'il prétend offrir et rien d'autre : une valse de personnages, d'instants de vie qui le jour de la St Valentin, vont se croiser pour mieux s'éloigner ou se rapprocher. Alors oui, à creuser et critiquer nous pouvons reprocher au film de Garry Marshall de servir beaucoup trop de personnages qui limitent d'entrée l'approfondissement psychologique comme dramatique de certaines storylines sacrifiées au profit d'autres. Un défaut majeur mais qui noyé dans une avalanche de bonne humeur, s'efface quasiment.
Conçu suivant son modèle d'inspiration (la St Valentin), Valentine's Day s'avère au final dans la même veine que cette célèbre fête : superficiel, touchant, drôle, coupable, réjouissant, tantôt cruel tantôt salvateur et tantôt croustillant.
Réalisé par ce vieux briscard de Gary Marshall à qui on ne la fait plus (Pretty Woman, Just Married...) Valentine's Day est une sérieuse envolée de bonheur jouissif certes light mais qu'importe ! Sachant pertinemment qu'avec un tel capital de stars au générique et un sujet bien traditionnel on l'attendra au tournant pour l'abattre, Marshall la joue fine et évite avec tact les clichés puants du genre.
Ainsi, si la plupart des scènes du film flirtent avec les bons sentiments, l'ensemble ne tombe jamais dans la guimauve ni le too much. Valentine's Day conserve cette touche de mix habile entre amour, franche déconne, humour barré (mention spéciale à Jessica Biel et Taylor Swift énormes) et drame intimiste. Dopé par une bande originale survitaminée, une énergie débordante, le film slalome avec une fluidité déconcertante entre les divers arcs narratifs, les différents personnages sans s'égarer et en maintenant un rythme endiablé si bien qu'au final, l'ensemble des portes ouvertes se referment avec aisance pour aboutir à un dénouement commun comme indépendant pour chacune des petites histoires dans la grande.
Sorte de leçon de vie, de croisée de sentiments entre les diverses situations que l'on peut rencontrer au cours de notre existence, tout y est : homosexualité, amour véritable, tromperie, fidélité, jeune couple marginal... chacune des possibilités sentimentales de notre ère est représentée et chacune des possibilités au sein de ses mêmes situations regorgent d'éléments représentatifs si bien que Valentine's Day devient vite un patchwork assez jouissif et bluffant de notre société actuelle. Ceci dit, cela n'empêche pas le ton du film de rester un tantinet "fucker" envoyant valser les morales lors de quelques phases comme celle radiophonique off de "Roméo Midnight"...
On ri à n'en plus pouvoir, on pleure, on doute, on sourit, on réfléchit... et au final on savoure cette confiserie désuette avec délectation puisque proche de chacun et menée tambour battant avec intelligence.
L'autre atout est bien entendu ce casting juste hallucinant sur lequel repose le film : tout le monde (ou presque) y est présent même s'ils n'ont pas tous la même répartition temporelle : de la sublime et tordante Jessica Biel à Patrick Dempsey en passant par Jessica Alba, Eric Dane, Ashton Kutcher, Julia Roberts ou Bradley Cooper tous ont répondu présents.
Le brassage de générations est brillamment mis en exergue. De l'ancienne génération touchante (Hector Helizondo, Shirley McLaine) à la toute dernière génération MTV en complète auto-dérision jubilatoire (Taylor Swift, Taylor Lautner à pleurer de rires) en passant par les stars de la TV venus écorcher leur image avec délectation (Dempsey, Dane) ou bien encore les fidèles stars du box-office (Cooper, Biel, Alba, Garner, Roberts, Kutcher, Hathaway, Grace...) tous excellent et brillent en se taillant la part du lion. Ils sont venus s'éclater et cela se ressent à l'image : l'alchimie est totale !
Les storylines sont gérées avec brio et sans rien révolutionner, l'émotion qu'elle quelle soit, passe sans sourciller. Sans rien dévoiler de cette intrigue plus maligne qu'elle n'y paraît (les surprises surviennent lorsqu'on ne s'y attend plus et certains fans ou "certaines" vont hurler), le spectateur bascule du rire aux larmes en un clin d'œil.
Valentine's Day n'a donc rien inventé mais ne prétend pas jouer dans une autre catégorie que celle qu'il est venu défendre : un divertissement à la fois édulcoré, élégant, désopilant, nostalgique, émouvant et touchant sur la valse des sentiments et prises de décisions.
Le film "good vibes" qui se fait trop rare pour qu'on vienne cracher dessus. Une bien bonne et agréable surprise qui réchauffe les zygomatiques et le cœur. Ni plus, ni moins.
PS : Ne loupez pas le générique de fin avec un clin d'oeil réjouissant.


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