Pitch "Allociné" : Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...
Avis : Le voici enfin le film le plus cher de l'Histoire, tant attendu de James Cameron : 489 millions de dollars, 10 ans de réflexion, 4 ans de tournage... pour au final quoi ? Un très grand spectacle surréaliste, phénoménal au-delà de tout mais handicapé par une intrigue trop convenue dûe à une disproportion majeure entre fond et forme sans oublier des sérieux coups de mou question rythme. Un film victime de sa technologie mais loin d'être une déception non plus. On attend forcément la version longue "director's cut" pour se faire une idée finale...
Difficile que de critiquer un fillm comme AVATAR. Joyaux technique, jamais fait auparavant, on hésite donc fortement à dire quoique ce soit pour que ça tienne debout. Difficile également de parler en tant que "spectacle" car ce tout numérique diverge complètement de ce que l'on a pour habitude de voir au cinéma en terme de divertissement. Pour exemple, l'orgasme visuel peut s'avérer plus énorme et impactant chez des Michael Bay et autres Nolan qu'ici ou tout n'est qu'imaginaire. Sisi, je vous jure.
Mais on ne va pas chipoter non plus et plutôt dégonfler le suspens d'entrée. Oui, AVATAR de James Cameron se doit d'être vu en salles par toutes et tous. Oui c'est clairement une folle réussite visuelle et technologique. Une avancée spectaculaire de la science cinématographique. En résulte un spectacle hallucinant de 2h40, brillant, surréaliste offrant des instants de dépaysement monstrueux et un très grand moment de cinéma.
Il serait méchant de ne pas tirer son chapeau à James Cameron d'avoir été une nouvelle fois le précurseur dans cette nouvelle avancée technologique. AVATAR est un pur produit de l'imagination de Cameron. un monde entier prenant place sur la planète Pandora, imaginée par le réalisateur de A à Z. La créativité du bonhomme fait froid dans le dos et subjugue laissant bouchée bée.
La 3D est plus que jamais fluide, confondant avec brio les prises de vues réelles et la synthèse. Du travail d'orfèvre qui dépasse l'entendement. Une grosse baffe, une tuerie complète. On se laisse emporter par la folie du détail, les trouvailles, la poésie dégagée par l'ambiance générale du film. Une sorte de fable écolo et triptyque, métaphore des colonies d'esclavage et de la différence. Une ode à la liberté et à la nature.
Seulement voilà, AVATAR est un film attendu donc très apte à la "déceptionite aigue" et surtout lisible sur deux aspects. Pris comme tel, AVATAR est un grand film extraordinairement génial. Seulement voilà, si l'on gratte un peu et que l'on oublie le "spectacle", James Cameron a beau être un réalisateur fantastique et un as en la matière d'innovation, sa grande faiblesse torpillant le film reste le scénario. Il n'est pas mauvais à proprement dit. Au contraire, mais abordant un discours primaire et enfonçant des portes ouvertes, Cameron a clairement décidé de faire de son AVATAR un grand film populaire et humaniste plaisant à la famille entière. Sa méthode ? Privilégier le mielleux à la fatalité adulte.
En calquant son film sur un parcours semblable à celui de Danse avec les loups (oui la révolution scénaristique n'est pas pour le moment) et en pompant allègrement ses prédécesseurs (dont lui-même) pour certains aspects de l'intrigue comme des accessoires futuristes, James Cameron déçoit quelque peu et ne rivalise pas avec le mastodonte technique qu'il a créé. La balance n'est alors pas respectée et le film aussi flamboyant soit-il se perd dans de longues initiations, de longs discours un brin "ridicules" lors de quelques scènes et oublie de creuser là où il y aurait pu avoir du "corsé" (motivations des militaires pour chasser les Na'vis un peu plus détaillées, personnages secondaires...)
Une director's cut verra forcément le jour comme à l'habitude de Cameron et gageons que ses quelques défauts seront corrigés.
AVATAR pose donc d'ailleurs ses limites malgré lui. Au tout début en premier lieu, en éclipsant une intro importante au profit d'un montage et voix-off afin de vite arriver sur Pandora. Dommage... allo la "director's cut" ? Puis, passés les trois premiers quarts d'heure jubilatoires de découverte, le film s'enlise pendant une longue heure dans l'inévitable initiation Na'vi pour le héros Jake Sully. Les choses se gâtent alors, deviennent un poil interminables et là survient le commencement des défauts. Un objet comme AVATAR devient alors rapidement une sorte de grosse bande démo visuelle pour la 3D et offre de la surenchère à foison.
Puis, arrive enfin la dernière partie du film Celle qui va déchaîner les enfers, rebooster la dynamique et surtout offrir aux personnages principaux (du moins certains) toute l'émotion qu'ils méritent. La confrontation finale en deux manches clairement séparées par un break émotionnel est assurément LE highlight d'un film qui retrouve clairement sa furie et sa thématique. La dernière heure du film est stupéfiante, explosive, fascinante, bouleversante, bourrine, et furieusement fracassante, offrant au spectateur un spectacle comme il n'a jamais vu. JAMAIS !
Les réelles ambitions de Cameron pètent à notre tronche et c'est du gros régal. L'émotion atteint son paroxysme surtout lors de deux scènes mémorables (Neytiri découvrant le vrai Jake Sully humain, assurément l'un des moments les plus dingues chargé en émotion ainsi que la scène finale que l'on taira) mais qui insufflent au film une puissance qui nous fait une fois le générique de fin entamé, nous demander, si ce n'est pas trop tard.
Lorsque les lumières se rallument on jubile, on reste sous le choc d'une violence physique et psychologique tétanisante dans la dernière heure de film. Mais avec le recul, on se pose des questions et on relativise.
Oui, AVATAR est formidable.
Mais AVATAR ne souffre t-il pas des allègement pour fignoler sa force ? N'aurait-il pas été le film rêvé sans coupe dans le montage et sans assouplissement trop enfantin ? Est-ce que le véritable AVATAR ne sera pas celui de la "director's cut" offrant le panel d'émotions équitables à chaque personnage, un peu à l'instar du Seigneur des Anneaux ? AVATAR retrouvera t-il la puissance qu'il laisse s'échapper au profit d'une ambiance trop élémentaire en milieu de parcours ?
La réponse est assurément OUI car lorsque l'on voit la différence entre les trois parties du film, on se dit que Cameron a bien été obligé de sacrifier de lourds passages pour satisfaire le grand public.
AVATAR c'est donc un très grand spectacle phénoménal mais que l'on juge par "hallucinant mais scénario facile". Inutile de dire qu'on ne peut s'empêcher d'avance de penser à la prochaine version ultime qui remettra certainement les pendules à l'heure !


Voici ce qu'AVATAR m'inspire, en ce qui me concerne.
On nous prédisaient un avant et un après Avatar, cela dépend vraiment de quoi on parle.
Autant l'esthétique du film et les moyens mis en oeuvre pour la réaliser peuvent prétendre à un tel état de fait, que le scénario, lui, se révèle tout de même beaucoup plus, voire trop, léger et prévisible. Certains diront que le film est tiré vers le bas à cause d'un scénario faiblard qui ne mérite pas la débauché d'effets spéciaux qui l'entoure, d'autres vous diront que le film est tiré vers le haut malgré le scénario, un brun ordinaire, pour ne pas dire banal et sans surprise grâce à des des effets spéciaux, il est vrai époustouflants et d'une beauté rare.
Je serais plutôt du second avis. En effet le film, bien que n'étant pas très original dans sa trame narrative et souvent prévisible, il est à noter tout de même que l'on ne s'ennuie quasiment pas une seconde, même si quelques longueurs peuvent être signalées en première heure.
En effet l'histoire est menée tambour battant sur une planète, Pandora, aux milles couleurs, où faune et flore se disputent la palme de la beauté. Une grande fresque avec de l'aventure, du fantastique, de l'action, du romantisme, de l'animation...
J'aurais vraiment voulu mettre 4, mais le scénario bien qu'étant très agréable à suivre, n'est peut-être pas à la hauteur de ce qu'on aurait pu attendre, donc 3 étaoiles me semble approprié pour noter ce film qui élève quand même le cinéma à un niveau technique encore jamais atteint et qui fera date, à n'en pas douter !
Pour moi, Titanic restera malgré tout pour l'instant "LE" chef d'oeuvre de James Cameron que je remercie, film après film, et il en fait peu, de toujours tirer le 7ème art vers le haut.
Rédigé par : Fabien Simon | 18/12/2009 à 13:44